GRAND MAGHREB ARABE

MAROC vs ALGERIE :

HALTE A LA GUERRE !

Depuis quelques jours (avril 2018), des informations circulent sur le net évoquant une prochaine guerre fratricide entre le Maroc et l’Algérie à cause de la question du Sahara Occidental qui traine depuis 1975, soit 43 ans, soit huit fois la durée de la guerre d’Algérie. Et la presse tant algérienne que marocaine pousse à la guerre, en versant de l’huile su le feu ! Qui va gagner dans cette éventuelle guerre ? Personne, si ce n’est les ennemis des deux pays, surtout Israël. Qui va perdre ? Tout le monde, en particulier tous les peuples du Grand Maghreb : des morts par centaines de milliers, des blessés et des mutilés par millions, des économies ruinées, des monnaies ne valant plus rien, des affamés par dizaines de millions, une interdiction internationale aux ressortissants des pays du Grand Maghreb de quitter leur région. Alors journalistes algériens et marocains, c’est à ce résultat que vous appelez à la guerre ? Quelle solution à ce grave problème ? J’avais déjà publié mon opinion sur la question du Sahara Occidental. Je vous livre ci-dessous ce texte vieux de 11 ans pour un problème encore en suspens.

 

 

GRAND MAGHREB ARABE

 

  Question du Sahara occidental :

Quelle solution?

Par Abdelkrim Badjadja

Au moment où s’ouvrent à New York des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario pour chercher une issue au problème du Sahara Occidental, nous formons le souhait de voir ces discussions aboutir favorablement pour les parties concernées. Voilà un vœu bien pieux qui pourrait sembler à beaucoup peu réaliste, voire utopique, tant les positions affichées par les négociateurs sont antagoniques :

  • Le Front Polisario réclame tout simplement l’Indépendance pour le Sahara, et il se dit prêt pour y arriver à passer par un référendum d’autodétermination.
  • Le Maroc proclame la marocanité du Sahara « récupéré », et il serait prêt lui aussi à passer par un référendum, qui confirmerait l’appartenance historique de cette région à la « mère patrie », mais il serait disposé à lui accorder un statut exceptionnel d’autonomie.

 

L’extrait de presse suivant est significatif à cet égard :

« El Watan, édition du 20 juin 2007 > Actualité

Sahara occidental

Le Maroc et le Polisario font du surplace

Le Maroc et le Front Polisario ont vraisemblablement conclu hier, près de New York, leurs premières négociations directes en dix ans sur l’avenir du Sahara occidental, sans signe d’avancée majeure.

Aucune des deux parties ne semblait prête à faire d’importantes concessions sur le conflit vieux de 32 ans, au deuxième et dernier jour de ces discussions organisées sous l’égide de l’ONU... Aniss Z. »

 

Comment concilier ces deux visions ? Parce qu’il faut bien comprendre que ces négociations concernent aussi les autres pays du Maghreb, qui craignent qu’un enlisement du problème ne dégénère en guerre ouverte, non seulement entre Marocains et Sahraouis, mais plus grave entre le Maroc et l’Algérie, cette dernière défendant sans relâche depuis Boumediene l’option de l’Indépendance pure et simple du Sahara occidental libéré par les Espagnols.

Et si ce malheur devait arriver, il affecterait tout le Maghreb, et affligerait l’ensemble du monde arabe, déjà bien traumatisé dans sa partie orientale, sans parler du renvoi au lointain de toute idée d’unification arabe.

Alors quelle solution proposer pour sortir de cette impasse, et permettre de maintenir le Maghreb hors de tout conflit armé ? Les peuples de cette région n’ont que faire d’une nouvelle guerre qui les enfoncerait dans les problèmes socio-économiques ; ils ont déjà fort à faire pour affronter les difficultés d’une vie quotidienne faite de pauvreté, voire de misère et de maladies, de chômage, de crise du logement, et de vie chère. Devons-nous mobiliser nos moyens et les unifier pour sortir du sous-développement, où engloutir nos ressources dans une guerre fratricide, dont tout le monde sortirait perdant, en premier lieu les Sahraouis ? Non, la sagesse et le réalisme nous commandent de trouver d’autres alternatives à la guerre meurtrière pour régler nos différends politiques.

En premier lieu, et à mon avis c’est là une option vitale, il faut déclarer « Haram », hors la loi, toute guerre entre les pays du Maghreb pour quelque motif que ce soit. Si nécessaire, consolider cette option définitivement par voie de référendum organisé le même jour pour tous les peuples du Maghreb, avec une question complémentaire pour solliciter leur avis sur l’édification du Maghreb Arabe Uni.

En deuxième lieu, les dirigeants des pays du Maghreb devraient décréter que la question du Sahara occidental relève des prérogatives exclusives des Chefs d’Etat, et interdire par voie de conséquence à leurs gouvernements de s’en préoccuper.

En troisième lieu, instruction formelle devrait être donnée par les Chefs d’Etat à leurs gouvernements, libérés ainsi du poids de la question du Sahara occidental, de travailler à l’avènement du Maghreb Arabe Uni, en renforçant aussi bien les relations bilatérales que multilatérales maghrébines. Que se multiplient les rencontres et les échanges à tous les niveaux, aussi bien officiels que non-officiels. Que se réalise la construction maghrébine pas à pas, à la base, plutôt que de la proclamer au sommet sans réelle assise populaire.

Dans ce contexte, la presse maghrébine devrait éviter de « jeter de l’huile sur le feu », en se lançant des invectives réciproques indignes de notre appartenance arabo-musulmane, qui nous commande la mesure dans le propos. Qu’elle se consacre elle aussi à participer à l’édification du Maghreb en faisant connaître les réalités et potentialités des peuples de la région, ce qui ne signifie nullement de travestir nos problèmes par complaisance, mais de les présenter de manière objective, sans méchanceté, sans à priori, avec le souci constant de parvenir à une critique constructive. Se cantonner dans des attitudes contraires ne ferait que creuser davantage le fossé qui nous sépare de l’édification du Maghreb.

Et les Sahraouis, dans ce scénario digne de « Ou-Topos » de Thomas More, que deviendraient-ils ? Quelles perspectives pour réaliser leur idéal d’Indépendance ? Avec quels moyens ?

Nos frères sahraouis comprendront aisément que l’Algérie ne peut faire une guerre d’indépendance en leur lieu et place. Sa lutte pour l’indépendance, l’Algérie l’a déjà faite sans pour autant demander au Maroc et à la Tunisie de déclarer la guerre à la France coloniale, après avoir arraché durement leur propre autonomie. Toutefois, nos voisins avaient apporté tout leur appui à la Révolution algérienne, ouvert leurs frontières aux combattants de l’ALN pour y installer leurs bases arrières, et de là attaquer l’ennemi sans relâche, ce qui a gravement perturbé, envenimé, les relations entre la France coloniale et les pays maghrébins nouvellement indépendants, et ce n’est pas Sakiet Sidi Youcef qui me démentirait.

Si les peuples du Maghreb se prononcent définitivement contre toute option de guerre entre pays maghrébins, et je n’en doute pas un seul instant, cela impliquera fatalement que le Polisario ne pourra plus déclencher d’actions armées contre les troupes marocaines à partir du territoire algérien. L’Algérie pourrait continuer à soutenir les Sahraouis dans leur revendication d’indépendance, mais sans permettre une action armée quelconque à partir de son territoire, ce qui constituerait un « cassus belli ». Le soutien algérien sera uniquement politique et diplomatique, en aucun cas armé, et ce soutien ne sera exprimé que par le seul président, étant entendu que la question du Sahara sera proclamée domaine réservé des Chefs d’Etat du Maghreb.

Nos frères sahraouis devraient rejeter eux-mêmes toute idée de guerre algéro-marocaine ; nous en avons déjà souffert en 1963 lors de « la guerre des sables », et en 1976 à Amgala I et II. Dans le cas contraire, si guerre il y aura, que Dieu nous en préserve, les dommages et souffrances seraient terribles pour les algériens et les marocains, et les deux peuples se mettraient en fin de compte d’accord pour rendre les Sahraouis responsables de leurs malheurs !

Alors que faire ? Que reste-t-il comme options pour les Sahraouis en quête d’indépendance ?

  1. Continuer à revendiquer leur autonomie uniquement par la voie politique et diplomatique, et le président algérien pourrait les assurer de son soutien.
  2. En cas d’échec définitif des négociations avec le Maroc, s’en remettre à l’ONU pour une issue équitable au conflit.
  3. Ou alors, reprendre la guerre contre le Maroc, mais en sachant qu’ils ne peuvent lancer leurs actions armées qu’à partir de leur propre territoire, dans la partie « libérée », hors des frontières algériennes et mauritaniennes.
  4. Enfin, une dernière option à la « Ghandi » : rentrer chez eux sans armes, et continuer leur lutte pour l’Indépendance en faisant face, toujours sans armes, aux forces marocaines qui occupent le Sahara occidental. Ce sera une lutte pacifique, à l’issue incertaine, non dépourvue de souffrances supplémentaires pour les Sahraouis, mais la paix entre les peuples du Maghreb est à ce prix.

Une dernière proposition « utopique » qui interpellerait tous les peuples du Maghreb, leurs dirigeants en premier lieu : déclarer la création du Maghreb Arabe Uni à partir du Sahara occidental, les Sahraouis en seraient les premiers citoyens sous le drapeau de l’UMA, leur président deviendrait secrétaire général de l’UMA, leur armée constituerait le premier embryon de la future armée du Maghreb, El Ayoun proclamée capitale du Maghreb où se tiendraient toutes les réunions des Chefs d’Etat de l’UMA pour construire patiemment l’unité des pays du Maghreb. En d’autres termes, s’ouvrir aux autres avec générosité et sans arrière pensée pour construire, plutôt que de s’enfermer sur soi dans des manœuvres sournoises pour détruire le peu que nous possédons.

Abu Dhabi le 20 juin 2007

Abdelkrim BADJADJA

Archiviste-Historien

 

 

 

 

MAURITANIE  MAROC  ALGERIE  TUNISIE  LIBYE

 

Mieux connaître l'histoire des pays du Maghreb afin de promouvoir leur unité,

ouvrir les frontières, et instaurer Le Grand Maghreb Arabe  

 http://lewebpedagogique.com/adel2265/

REALISER LE GRAND MAGHREB ARABE EN DIX ETAPES

 

1- Ouvrir immédiatement les frontières entre Etats Maghrébins et supprimer les visas.

2- Organisation d’un referendum dans les cinq Etats du Maghreb Arabe avec une seule question : « Voulez-vous l’Union des cinq pays du Maghreb Arabe en supprimant immédiatement les frontières ? ».

3- Si une majorité de citoyens maghrébins se prononce pour la réalisation du grand Maghreb Arabe, convocation d’un sommet des chefs d’Etat pour engager le processus d’unification.

4- Inviter les représentants sahraouis à cette réunion en leur qualité de maghrébins.

5- Elaborer un plan pour la réalisation du Maghreb Arabe, en commençant par désigner un président du sommet maghrébin qui sera changé chaque année.

6- Ordonner des réunions interministérielles sectorielles pour harmoniser toutes les politiques dans les grands secteurs : établissement de cartes d’identités et de passeports maghrébins, éducation, enseignement supérieur et recherches, défense, économie, monnaie maghrébine, relations internationales, sports en mettant en place des équipes maghrébines devant défendre les couleurs maghrébines dans toutes les disciplines et rencontre internationales.

7- Supprimer les frontières entre tous les Etats du Maghreb Arabe, et favoriser les déplacements des personnes et des biens dans l’espace maghrébin.

8- En attendant l’émission d’une monnaie unique, les citoyens maghrébins pourront échanger leurs monnaies nationales en prenant comme base leur équivalent en dollars ou en euros, ou un panier de devises.

9-  Nommer un gouvernement maghrébin en charge des questions stratégiques, et qui représentera le Grand Maghreb Arabe dans toutes les organisations, enceintes et rencontres internationales.

10-  Nommer des gouvernements locaux pour assurer le développement local des différentes régions du Maghreb Arabe.

 

Fait à Abu Dhabi le dimanche 8 septembre 2013

Abdelkrim BADJADJA

Date de dernière mise à jour : mercredi, 18 Avril 2018

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